Le Safran : c’est facile !

Les fameux stigmates rouges du safran

Je me suis lancée dans la culture du safran il y a 3 ans. C’est une culture très facile. Voici quelques bonnes raison de planter du safran cez soi.

  1. La plantation est simple. Elle se fait à la fin de l’été en août idéalement en septembre cela fonctionne aussi. La seule précaution à prendre en les plantant est de leur offrir un sol drainant. Or si vous me suivez, vous savez que …. le sol de mon jardin est détrempé en hiver. La solution est simple : j’ai fait la plantation dans un mélange de terre et de petits graviers. Pas de stress concernant la profondeur de plantation, j’ai fait des essais : une fois la taille du bulbe en profondeur, deux fois, trois fois : les résultats sont identiques.
  2. Il ne demande aucun entretien. Pour ma part je les ai plantés et c’est tout. Pas d’arrosage. Rien. Il faut seulement désherber.
  3. Ils reviennent chaque année : cela fait 3 ans que j’ai planté les miens et la récolte est chaque année plus importante. Dès la première année j’ai pu récolter quelques précieux filaments.
  4. Ils sont beaux : de très jolies fleurs violettes chinées qui ont le bon goût d’égailler notre jardin mi-fin octobre.
  5. Ils sont délicieux : pas les bulbes mais les stigmates …c’est à dire le safran.

Les fleurs de safran ressemblent à celles des crocus (même famille). Attention les crocus et colchiques sont toxiques. Mais il n’y pas vraiment de risque de se tromper : seuls les safrans ont ces beaux stigmates rouges.

Chez moi et mes astuces .

Aujourd’hui il fait beau, une accalmie après de grosses pluies. J’en profite pour récolter mon safran.

Astuce 1 : récoltez le plus tôt possible au moment de la floraison. N’hésitez pas à écarter un peu les pétales d’une fleur pas encore ouverte pour prélever les stigmates. Attention : ne confondez pas les étamines jaunes et courtes avec les stigmates rouges et longs. Prélevez seulement ces derniers.

Astuce 2 : ne coupez pas les fleurs qui sont si jolies. Coupez seulement les stigmates rouges et laissez les fleurs apporter de la couleur à votre jardin. Grâce à cette astuce vous pourrez respecter le point n°1 sans état d’âme.

Astuce 3 : faîtes sécher les stigmates au four. Pour ma part je les mets 35 minutes à 45°C. Ils sont secs quand ils sont devenus cassants. La première année je les avais laissé sécher à l’air libre : goût de rance et déception.

Astuce 4 : il ne faut pas consommer votre safran tout de suite mais il faut le laisser maturer. Je le mets dans un bocal hermétique et attends deux mois avant de le consommer. J’ai essayé de consommer les stigmates juste après séchage mais je les ai trouvés sans goût.

Je n’ai jamais essayé de faire un échantillonnage pour savoir à partir de quand le safran est bon. Peut-être qu’un mois suffit ? N’hésitez à me faire part de vos expériences.

Une petite recette toute simple pour en profiter :

J’espère que je vous ai convaincu que la culture du safran était à portée de tous. N’hésitez pas à me faire part de votre expérience ou à me demander des précisions si certains points restent obscurs.

Un jardin au coeur des Vigne du Vully

Aujourd’hui je travaille sur un projet particulier. Il ne s’agit pas de dessiner un jardin mais de recomposer des grande massifs qui bordent une belle pelouse ouvrant sur les vignes du Vully. La conception actuelle déçoit un peu les propriétaires. Voyant leur amour de la couleur le précédent paysagiste a installé des azalées et …c’est tout. Les azalées c’est magnifique… mais cela ne fleurit pas très longtemps et il y a beaucoup d’entretient car le sol au pied est découvert.

Je propose de densifier les plantations en étalant les floraisons au maximum et en utilisant des plantes couvre-sol pour simplifier l’entretien. La tâche n’est pas si simple. Qu’allons-nous trouver pour ce lieu en plein soleil et qui soit compatible avec la terre de bruyère?

Avant/Après : Plus de densité et de diversité

De la couleur toute l’année

  • En premier plans des massif je choisis des Erigerons karvinskianus (Vergerette de Karvinski). Ces plantes très faciles à vivre ont une seule exigence : un sol bien drainé. En retour elle offre une floraison record : un tapis de fleurs de mai à octobre.
  • Quelques séduisantes Gaura blanches et roses viennent apporter de la légèreté et de la couleur très longue durée. Ici il est particulièrement important de choisir son cultivar (je vous écrirai bientôt un billet les différentes Gaura que j’ai testées).
  • Pour un petit coup de peps en automne je rajoute un magnifique aster. Encore une fois il ne s’agit pas de prendre le premier aster venu. Certains seraient bien trop hauts, d’autres sont magnifiques mais se couvrent de blanc (oïdium).
Un automne vibrant de couleur : violet de l’aster, cuivre de l’amélanchier et toujours la douceur des petites vergerettes de Karvinski.
  • Différentes bruyères vont apporter de la couleur de décembre à mai et vont aussi jouer la fonction de couvre sol.
  • Il ne faut surtout pas oublier de mettre une multitude de petits bulbes rustiques ou botaniques comme le crocus, des muscaris et des petits narcisses en mélange. C’est tellement agréable d’avoir un jardin bien fleuri dès février.

De la hauteur et des surprises 

Pour donner un peu de hauteur je choisit un petit arbre pour chaque massif. Cela permettra de créer une répétition agréable à l’œil. Par contre je choisi des espèces différentes afin d’étager au maximum les floraisons.

Avant /Après : Un jardin beau toute l’année
  • Le Magnolia grandiflora (Magnolia à grandes fleurs) Little Gem, est un nain dans le monde des géants grandiflora. Il se taille bien et a le bon goût de fleurir dès sont plus jeune âge.
  • Les Cornus Kousa sont aussi des arbres avec une superbe floraison et qui sont bien adaptés à la terre de bruyère. Je conseille ici en particulier China Girl et Satomi.
  • Pour de la couleur en hiver je choisi un Hamamelis. Je vous ai déjà présenté ces arbustes ici.

Un peu de gourmandise 

  • Comme on parle de terre de bruyère autant en profiter pour planter des myrtillers. Le Myrtillier Hortblue Petite est une petite merveille : il est auto-fertile, fructifie deux fois par an et il se pare d’une belle couleur en automne.
  • J’ajoute aussi deux Amelanchiers Lamarckii. L’amélanchier est un arbuste que j’adore car il est beau toute l’année ou presque et il offre des petits fruits noirs délicieux .

Conclusion : Le plan a beaucoup plu. On se retrouve dans quelques semaines pour la plantation.

Plantation en terrain très difficile

Le contexte : un petit paradis sur une dalle de béton

Vous le savez, mon jardin c’est 50 cm de mauvaise terre sur …une dale de béton. Je vous en ai déjà parlé ici. Il s’agit donc d’un vrai défi, notamment au niveau drainage pour les arbres ou arbustes.

Je vous présente ma technique pour réaliser des plantations dans ce type de terrain très difficile. Encore une fois (presque) tout est possible quand on soigne la plantation.

Aujourd’hui je comble un trou dans ma haie. En effet cette hiver j’ai déplacé certains arbustes pour les mettre mieux en valeur.

Les étapes : une la plantation soignée

  1. Réalisez le trou. Faites le toujours bien plus grand que la motte, c’est dur mais ça vaut le coup, surtout si votre sol est ingrat.

2. Versez des cailloux au fond (vous pouvez réutiliser ceux que vous avez collectés dans vos massifs et stockés dans un coin du jardin). Sinon vous pouvez utiliser des billes d’argiles expansée. Ici j’ai rajouté des billes d’argiles par dessus les cailloux pour avoir une large couche de drainage.

3. Séparez le drainage du sol de plantation à l’aide d’un géotextile que vous placez par dessus les cailloux.

4. Ajouter votre terre de plantation. J’utilise un mélange de terreau, de composte et de sol du jardin.

Conclusion :

Ici l’arbuste est en pleine terre, mais le sol est si mauvais qu’on soigne la plantation comme si c’était en pot. C’est essentiel et ça fonctionne très bien !

Si votre sol est trop drainant (sol sableux) vous pouvez prendre l’astuce du géotextile mais vous le placez au fond de votre fosse et vous n’ajoutez pas de drainage.

Qui suis-je ?

Parcours : Une enfance en pleine nature, la passion des plantes dès toute petite.
Puis une école d’agronomie.
Aujourd’hui à côté de mon travail en gestion de projet et de mon petit jardin personnel, je dessine des jardins ou je les redessine.

Voici les quelques idées qui me me guident :

  • Toute l’année au jardin. Pour moi un jardin est un espace de vie qui doit être intéressant toute l’année. Pourquoi se dire qu’il y a « la belle saison » et puis le reste de l’année? En planifiant bien on peut avoir un jardin, même tout petit, intéressant toute l’année… d’où le nom du blog.
  • La bonne plante au bon endroit : il y forcément la plante parfaite pour votre coin d’ombre difficile à végétaliser ou pour votre balcon en plein soleil où rien ne semble pouvoir survivre. C’est ici que le détail compte, il faut trouver la bonne plante mais aussi le bon cultivar. Je suis un brin perfectionniste dans mes choix de plantes et mais les jardins me le rendent au centuple.
  • Un jardin facile : Il y tellement de variétés de plantes qu’on peut faire le choix d’un jardin facile : rosiers sans traitement, vivaces à longue durée de vie, annuelles qui se ressèment toute seule ou semis inratables. C’est souvent ce vers quoi je m’oriente.
  • Des coups de cœur : Si j’aime la facilité au jardin c’est pour mieux chouchouter mes plantes coup de cœurs ou mes expériences d’acclimatation. Quel plaisir de déguster ses propres mandarines en Suisse !
  • Le potager d’ornement : Un potager peut être aménagé comme un massif agréable à regarder, c’est l’idéal dans les tous petits jardins comme dans les grands.

Le jardinage c’est ma façon de me détendre, de rêver, de me connecter à la nature et à la beauté de façon simple et quotidienne.

Mon jardin

J’habite en Suisse dans l’état de Fribourg et dans la jolie région du Vully.

Climat : près d’un lac. Mon jardin bénéficie d’un climat tempéré car je vie en Suisse et dans la région des lacs (le Seeland) zone de résistance au froid 6, adoucie par la présence du lac Morat tout près. du coup il gèle rarement au dessous de -10°C.

Expostion : tout de bon. Ici j’ai beaucoup de chance, la parcelle est orientée sud-ouest avec un excellent ensoleillement. Le parking qui entoure mon jardin a ça de bon : pas de grands batiments à côté pour faire de l’ombre.

Situation et sol : une oasis sur un parking. Mon jardin est un jardin créé à partir de rien : au début il s’agissait d’une marre asséchée donnant sur un parking. C’est un jardin sans sol ou presque : seulement 50 cm de terre de remblais au-dessus d’une dalle de béton car sous le jardin se trouve un port sous-terrain. En plus de cela la terre est très argileuse et très pauvre : un bloc de béton en été et un marécage en hiver. Nous avons placé plusieurs drains fait venir plus de 4000L de composte. Il s’agit donc d’un endroit assez ingrat qui est devenu notre petite oasis ! J’espère que cela vous donnera des idées et du courage si vous souhaitez mettre en valeur un endroit un peu atypique.

Philosophie : toute l’année au jardin. Des portes fenêtres permettent de le voir à tout moment depuis la maison. Il se doit donc d’être intéressant aussi bien en hiver qu’en été.

C’est un jardin conçu pour le plaisir des 5 sens

  • Vue avec des fleurs quasiment toute l’année, des plantes mellifères qui attirent tout un ballet de papillons et des arbres colorés même en hiver.
  • Gout avec des petits fruits, des herbes aromatiques et un petit potager,
  • Odorat avec un intérêt tout particulier pour les senteurs des fleurs mais aussi des feuilles.
  • Toucher avec des plantes duveteuses et d’autre toutes douces que les enfants notamment apprécient beaucoup.
  • Ouïe avec des arbres garde-manger pour les oiseaux.

Il est aussi conçu pour ménager notre intimité tout en réservant de belle ouverture sur le Mont-Vully qui est juste à côté.

Je vous ouvre les portes de notre petit paradis.